Exposition

Compositions sur le marbre - Les blanches

« Cela fait 10 ans que j'ai commencé la série Compositions sur le marbre. J’ai toujours photographié des fleurs. Et on trouve, en noir et blanc, dans mon journal photographique, les bouquets sauvages ou cultivés, qui, au long des saisons, peuplaient ma maison.

Mais ces images restaient à l'état de notes. Trouver une forme qui me convienne a pris du temps. Parcourant à pied, en vélo, en voiture, sentiers, bois, montagnes, bords de route, ronds-points ensemencés de prairies fleuries, prés, friches et talus, zones humides ou sèches, trottoirs, jardins amis même, le nez collé au sol, attentive au développement de la végétation de la fin de l'hiver jusqu'à la fin de l'automne, j'ai butiné. Pour chaque cueillette, j'ai enlevé tout le vert, sauf pour les toutes vertes, ne laissant que la couleur, l'essentiel. Je les ai installées dans des contenants tous différents ; puis posées sur le marbre, reliant la vie à la mort. Je les ai observées, parfois de longs jours ; puis portraiturées ; ne cherchant pas la joliesse mais la personnalité de chacune et la juste distance.

Comme un ostinato, il y a à présent près de 250 espèces différentes. J’ai rassemblé pour cette exposition, un ensemble de végétaux blancs, qui appelle au recueillement et trouve parfaitement sa place dans la chapelle du jardin botanique. »

A propos de l'artiste

Françoise Saur, née à Alger, s’est formée à l'École Louis-Lumière à Paris et à la Folkwangschule für Gestaltung, en Allemagne avec Otto Steinert. Elle est la première femme à recevoir le prix Niépce en 1979. Au début de sa carrière, elle effectue des reportages pour des magazines et intègre l’agence Viva à Paris puis Visum à Hambourg.

Elle travaille sur des sujets sociologiques, dans le temps long. Ses voyages (Algérie, Chine, Laos, Kerala…) ainsi que la condition féminine, inspirent de nombreuses séries. Ces projets personnels donnent lieu à la publication de nombreux livres, en collaboration avec des écrivains. Elle a été très souvent exposée ; et dernièrement en 2025 au Musée des Beaux-Arts de Nancy. Elle est dans maintes collections publiques et privées.